Patate douce

Patate douce (Ipomoea batatas)

Description de cette image, également commentée ci-après

La patate douce (Ipomoea batatas) ou simplement patate est une plante vivace brune de la famille des convolvulacées très répandue dans les régions tropicales et subtropicales où on la cultive pour ses tubercules comestibles.

Distribution

Probablement originaire d’Amérique du Sud, la plante est inconnue à l’état sauvage. Elle est répandue depuis très longtemps dans toutes les zones tropicales et subtropicales, aussi bien en Amérique et en Océanie qu’en Asie et en Afrique.

La patate douce est également connue sous le nom de kumara, en Polynésie, où elle était déjà cultivée avant les explorations européennes. Le nom polynésien kumara vient du mot quechua, langue du plateau andin d’Amérique du Sud, kumar. Au Japon, elle est connue sous le nom de satsuma imo, du nom de l’ancienne province de Satsuma de laquelle elle est originaire.

Description

C’est une plante vivace à tiges rampantes pouvant atteindre plusieurs mètres de long.

Les feuilles alternes sont entières, au pétiole relativement long et au limbe de forme variable à bord sinué ou denté ou bien lobées, formant cinq à sept lobes aigus, à nervation palmée.

Les fleurs à corolle soudée, de couleur violette ou blanche, sont très semblables à celles du liseron qui appartient au même genre. Elles apparaissent à l’aisselle des feuilles, isolées ou groupées en cymes de quelques fleurs.

La fructification de cette plante est très rarement observée en culture.

Elle produit des tubercules de forme plus ou moins allongée, voire arrondie, à la peau fine. Selon la variété, la couleur de la peau est beige, brune, jaune, orange, rouge, violette. La chair du tubercule varie également : blanc, beige, jaune, orange, rouge, rose, violette. Presque toutes les combinaisons de peau et de chair peuvent se rencontrer.

Les tubercules avec la chair blanche ou jaune pâle sont moins sucrés et ont un taux d’humidité inférieur à ceux qui sont rouges, roses et oranges. Il en existe un type à chair sèche et un autre à chair plus aqueuse.

Ils sont très riches en amidon. Leur saveur sucrée et leur texture farineuse rappellent un peu celles de la châtaigne.

Usages et consommation

Aussi bien les tubercules que les feuilles sont un aliment de base dans les régions tropicales où la patate douce prend la place de la pomme de terre.

Souvent considérée par les populations qui la consomment comme un aliment de sécurité, elle a aidé à sauver de la famine en période de conflits ou de sécheresse

L’utilisation des tubercules, en mets salés, est identique à celle de la pomme de terre : cuits à l’eau ou au four, ou bien frits ou sautés mais étant plus sucrés, on peut aussi en faire des desserts : compotes, gâteaux, glaces et autres. Et contrairement à la pomme de terre, ils peuvent également être consommés crus en carpaccio et en rémoulades.

En Afrique et dans les Caraïbes, le tubercule est moulu pour fournir une farine appréciée d’un niveau nutritionnel plus élevé que le blé. Elle sert à confectionner des pains, des gâteaux et autres produits.

La patate est particulièrement riche en vitamines B6 et C, en cuivre et en manganèse. Elle contient une grande quantité de bêta-carotène précurseur de la vitamine A.

Plus la couleur de la peau et de la chair est foncée, plus elle contient d’anthocyanines et d’éléments nutritifs. Ainsi les variétés à chair orange ou pourpre sont plus riches en éléments nutritifs que les jaunes et encore plus que les blanches.

Les feuilles

Les feuilles de la patate douce se consomment à la manière des épinards, contrairement à celles de la pomme de terre qui sont toxiques. Elles sont légèrement mucilagineuses et très fondantes tout en ayant quand même un léger croquant.

Les jeunes feuilles et les pousses servent de condiments.

En Afrique de l’Ouest et à Madagascar, les jeunes feuilles de patate douce sont pilées et blanchies pour être servies avec du riz et de la viande ou du poisson.

À Taïwan, les feuilles de patates douces (appelées dìguāyè) ont longtemps été utilisées pour l’alimentation animale et étaient jusqu’à récemment considérées comme un aliment de pauvres. Une nouvelle mode culinaire les a mises au goût du jour et elles sont maintenant servies couramment dans les restaurants. Elles sont soit sautées avec de l’ail haché, soit cuites à l’eau et aromatisées à la sauce de soja, soit utilisées dans des soupes.

On prépare les jeunes feuilles et les pointes en les faisant rapidement bouillir dans une petite quantité d’eau. Servies ou préparées avec un corps gras (lait de coco par exemple), les feuilles aideront l’organisme à assimiler la vitamine A qu’elle contiennent. On peut également les faire frire dans un peu d’huile de cuisson, dans une casserole couverte ou même brièvement en friture profonde. On peut ajouter de l’oignon ou de l’ail pour en relever le goût. Elles se marient bien aux soupes et constituent un aliment excellent pour les nourrissons, les femmes enceintes et les mères qui allaitent leur enfant.

Les feuilles de patate douce sont plus riches en protéines, bêta-carotène, calcium, phosphore, fer et vitamine C que l’épinard. Elles sont riches en fibres et aideraient ainsi à prévenir certains types de cancer. Elles contiennent environ 3 % de protéines.

C’est une source de vitamine A, B2 et C. Et un apport important en sels minéraux, mais elles sont pauvres en calories.

Des analyses montrent que les feuilles de patate douce fournissent plus d’éléments nutritifs que le chou. (Plus les feuilles sont foncées, plus elles contiennent de vitamine A).

Santé

Selon une étude, ce sont les feuilles de patate douce qui contiendraient le plus de composés phénoliques, suivies de la pelure puis de la chair, davantage même que la plupart des légumes-feuilles.

Les variétés de patates douces de couleur pourpre (cultivars développés en Nouvelle-Zélande et au Japon), contiennent beaucoup d’anthocyanines qui leur donnent leurs couleurs.

Les anthocyanines de la patate douce pourpre ont montré in vitro une activité antioxydante supérieure à la vitamine C2, au chou rouge, à la baie de sureau, au maïs pourpre et aux extraits de pelure de raisin. Ces anthocyanes joueraient un rôle bénéfique sur la santé cardiovasculaire et sur le foie.

Production de fécule

Les tubercules contiennent de l’amidon et du saccharose (de l’ordre de 6 %) pouvant servir à la production d’alcool par fermentation (bière) et distillation, ainsi qu’à la production de fécule qui mélangée à du sucre donne un sirop utilisé aussi en brasserie.

Culture

La patate douce est moins exigeante pour le sol et plus productive à l’hectare que les céréales. La patate douce est cultivable même sur les sols pauvres, mais elle préfère un sol profond, frais et riche en humus. Elle est tout de même cultivable en climats arides et en sols secs avec une moindre productivité.

Cette plante peut se cultiver aussi bien en région tropicale qu’en région tempérée chaude où elle est alors seulement cultivée comme plante annuelle.

En région tropicale, la culture peut se faire en toute saison, toutefois il vaut mieux que la récolte intervienne hors de la saison des pluies, les tubercules étant sensibles au pourrissement en cas d’excès d’humidité.

Le feuillage, très couvrant, limite naturellement la croissance des herbes invasives et protège le sol de l’érosion éolienne.

Les patates douces ont besoin d’une phase de maturation pour atteindre leur saveur maximale. On récolte quand les feuilles commencent à flétrir et à sécher, puis on stocke les tubercules une semaine dans des entrepôts où l’on maintient une température de 30 °C et une humidité de 95 %, ce qui permet de fixer la peau, cicatriser les plaies et de commencer à convertir l’amidon en sucre. Après cette phase, on les conserve pendant six semaines (ou plus, jusqu’à plus d’un an) à 15 °C et 85 % d’humidité.

Le pH du sol idéal se situe entre 5 et 6,5.

Une fois arrivées chez les consommateurs, les patates douces se conservent moins bien que les pommes de terre. Il convient de continuer à les conserver au frais.

Alimentation animale

Les tubercules sont aussi cultivés à cette fin. On recherche alors des variétés à tubercules volumineux et à grand rendement.

Les tiges feuillées peuvent servir à l’alimentation des herbivores, aussi bien des lapins que du bétail ; elles constituent un excellent fourrage tant à l’état frais qu’après dessiccation.

Multiplication

Les patates douces se multiplient très facilement par bouturage en plantant des tubercules qui fourniront six semaines plus tard des rejets à repiquer. Le jardinier amateur peut également simplement multiplier la patate douce en plaçant en intérieur près d’une fenêtre vers la fin de l’hiver une patate du commerce à moitié immergée dans de l’eau dans un bocal en verre ou une bouteille en plastique (dont le goulot aura été coupé pour pouvoir y introduire la patate). Attention au sens de plantation, on immerge le côté pointu et on laisse à l’air libre le côté un peu blanchâtre qui a été sectionné lors de la récolte de la patate. Quatre à six semaines plus tard, on voit apparaitre des racines dans l’eau et des pousses sur la patate. Lorsque ces pousses mesurent environ 30 cm (avec au moins 2 nœuds), on peut les pincer à la base pour les remettre à raciner dans de l’eau. Dès que ces plantules ont des racines d’une dizaine de cm, on peut les repiquer en pleine terre. Cinq à six mois plus tard, on obtient de nouvelles patates.

La patate douce présente des mutations spontanées pouvant entraîner une dégénérescence du clone lors de multiplication végétative multiples. Il faut donc soit accorder énormément de soin au choix des plants mères soit renouveler régulièrement le stock en faisant appel à des multiplicateurs spécialisés.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Patate_douce

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